Dénoncer et dire où l’on va
De Lucien Sève, Philosophe
Dans
le Monde (édition du 27 septembre), Édouard Louis et Geoffroy de
Lagasnerie appellent à une contre-offensive intellectuelle et politique
de vraie gauche. Je dis bravo, c’est vital. Mais pourquoi tirer contre
son camp ? Parlant de « responsabilité » ils écrivent : « Les
philosophes n’osent pas s’engager. » Cette phrase me choque vivement.
J’ai nombre d’ami-e-s philosophes comme moi, communistes sans carte,
parfois avec, qui passent leur vie à se battre dans le sens d’une vraie
gauche, sur quoi les médias dominants font bien sûr total silence. Et
vous faites comme eux ! Mauvais début. S’il vous plaît, informez-vous
sans œillères. C’est quoi, une contre-offensive intellectuelle de vraie
gauche ? D’abord, pour moi, oser hurler des évidences devenues
révolutionnaires à force d’être mises au cachot. Exemple : non, le
travail n’est pas un coût, c’est juste le contraire, c’est depuis
toujours, avec la nature, l’unique source de toute richesse. Comme aussi
de tous les profits capitalistes, lesquels ne sont rien d’autre que du
travail non payé.
Ce que le capital ose appeler un coût, c’est le
fait que cette poule aux œufs d’or n’est quand même pas gratuite, pour
l’exploiter il faut payer des salaires et des « charges » (autre mot qui
mérite hurlement). Preuve courte : si le travail était un coût pour les
capitalistes, nous expliquera-t-on pourquoi ils mettent un tel
acharnement à vouloir en allonger la durée ? Or, il y a aujourd’hui par
douzaines des mots ainsi pris en otage ou inventés-imposés par les
porte-voix du fric et qu’il faut dégoupiller comme des grenades –
compétitivité ou gagnant-gagnant, flexibilité ou chômeur-fraudeur,
démocratie ou bonne gouvernance… Ou encore courage. Quand nos potentats
annoncent avec mâle fierté une décision « courageuse », prenez peur, car
pour eux le courage c’est toujours celui dont vous allez avoir grand
besoin pour subir. L’idéologie au pouvoir empoisonne les mots à la
source. Nous avons à être les écologistes du vocabulaire.
Mais
dénoncer n’est fécond qu’à condition de dire aussitôt où il s’agit
d’aller – sauf à cultiver le désespoir, qui nourrit le pire. Vers où
faut-il aller ? C’est le point crucial. Or, ça crève les yeux, mais il
faut oser le dire. Ce qui menace mortellement la planète et le genre
humain civilisé, c’est cet extraordinaire archaïsme qu’est devenu le
capitalisme. Gérer le destin de la nature et de milliards de personnes
selon l’intérêt à court terme d’une caste de profiteurs égoïstes tourne
au crime géant contre l’humanité. Voilà ce qu’il faut calmement hurler, à
l’heure où beaucoup sentent que nous allons dans le mur. Société sans
classes ou catastrophe sans nom. Or, ce qui n’était pas mûr hier encore –
d’où le dramatique avortement d’un « communisme » pas même socialiste –
le devient avec l’essor exponentiel des technologies, le développement
général des individualités, la planétarisation accélérée des échanges.
Femmes et hommes d’aujourd’hui deviennent capables de se diriger sans
tuteurs abusifs. L’heure vient de sortir enfin de notre préhistoire.
Mais
comment ? Par une évolution révolutionnaire qui a déjà largement
commencé : l’appropriation tout-terrain des puissances sociales par
leurs acteurs eux-mêmes. Exemple : des salariés reprennent une
entreprise utile et viable abandonnée par le capital pour plus juteux.
Démarche citoyenne à universaliser hardiment, du local au global – vie
du quartier ou questions scolaires, médias ou discriminations de toute
sorte, petite ou grande politique. Dès maintenant, faire vivre partout
du post-classe. Pas facile. Mais imparable. Cela seul redynamisera la
politique, en lui rendant efficacité et honneur. Il faut militer.
Réinvestir
l’espace public ? Absolument. Voici mon tiercé : hurler calmement qu’un
chat est un chat ; en appeler sans cesse à sortir du capitalisme ;
engager sans délai sur tous les terrains toutes les initiatives
d’appropriation possible.
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Ligne
Paris-Orléans-Limoges-Toulouse
L'appel des Etats Généraux
PROJET
Moderniser Paris-Orléans-Limoges-Toulouse :
Seule solution crédible !
Nous, citoyens, usagers, élus parlementaires et des
collectivités territoriales et locales, acteurs économiques et
sociaux, réunis ce jour, 26 septembre 2015, en Etats Généraux de la ligne ferroviaire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT),
à Gourdon (Lot),
Demandons au
gouvernement :
-
De déclarer prioritaire
la modernisation de la ligne POLT et sur toute sa longueur de Paris à Toulouse,
-
De reconnaitre, dans le
périmètre de la convention à intervenir entre l'Etat et la SNCF, l'ensemble de la ligne de Paris à Toulouse comme
d'intérêt national et d'aménagement du
territoire, affirmant ainsi son statut national sur l'intégralité de la ligne,
Parce qu'elle
-› est la plus longue des
lignes « Trains d'Equilibre du Territoire » (TET) : 712
km,
-› est la 3e radiale nationale,
véritable colonne vertébrale du pays
-› dessert 4 des 13
grandes régions métropolitaines, plus de 5 millions d'habitants hors région parisienne et comprend 8 nœuds
ferroviaires.
L'accident de Brétigny
sur Orge en juillet 2013 est venu, de façon dramatique, rappeler l'urgence de traiter prioritairement la modernisation de
cet axe ferroviaire majeur.
Par conséquent, et en
nous référant aux rapports Duron de 2013 et 2015 qui indiquent clairement la nécessité :
-
d'accorder la priorité
au réseau classique et plus particulièrement à 4 lignes TET dont Paris-Orléans-Limoges-Toulouse
-
d'avoir « une vision
ambitieuse pour la ligne POLT » car elle recèle « de fortes potentialités »,
Nous demandons :
-
Que l'engagement du
ministre Cuvillier, pris en mars 2014, de créer un Comité de pilotage chargé
d'élaborer et de mettre en œuvre un schéma directeur précis de la ligne, soit tenu, sa composition devant être démocratique
et donc ouverte à toutes les parties prenantes ; le
conseil consultatif des TET ne pouvant s'y substituer.
-
Le renouvellement du matériel roulant dans un délai de 3
à 4 ans maximum
-
L'augmentation des
crédits pour permettre une véritable modernisation des infrastructures et donc des gains de temps substantiels
et de sécurité ; au minimum passer de 1 milliard d'€
à 1,5 milliard d'€ comme le demandent le Président de SNCF Réseau et le rapport Duron ; en réalité, 2 milliards d'€ sur 10 ans
conviendraient mieux à une vision ambitieuse
-
Qu'aucune densité de
desserte, aucun arrêt, ne soient modifiés avant que les effets positifs de la modernisation sur l'accroissement du
nombre de voyageurs n'aient pu être mesurés par le comité de
pilotage (moratoire)
-
Que l'Etat et l'ensemble
des intervenants ferroviaires retiennent absolument la dynamique « d'ambition
pour POLT » inscrite dans le rapport Duron 2 et qu'en conséquence soit récusées les préconisations du même
rapport qui vont à l'encontre de cette dynamique
notamment pour la partie sud de Limoges à Toulouse.
Nous ne voulons plus des
mots, même apaisants.
Nous ne voulons pas davantage que l'on nous présente
comme nouvelles des opérations déjà lancées depuis
plusieurs années. Nous voulons des actes !
Enfin, face à l'argument budgétaire souvent utilisé pour
reporter ou étaler des mesures annoncées nous proposons aux autorités 3
solutions à mettre en œuvre en totalité ou en partie
:
1/ Effectuer un
prélèvement sur les profits exorbitants des sociétés d'autoroutes
2/ Redéployer une partie des crédits d'investissements
pour les LGV (ils vont baisser à partir de 2017)
3/ Créer un livret d'épargne pour le développement du
transport ferroviaire, voyageurs et fret.
La ligne POLT est une ligne d'avenir car elle est
stratégique pour le développement économique de nos
territoires et du pays, pour la desserte fine de nos régions, pour des raisons sociales avec des tarifs sans comparaison avec
les TGV et qui doivent baisser, pour des raisons écologiques
avec la limitation des gaz à effet de serre. De ce point de vue, comme de celui de la sécurité, la multiplication des cars
constitue un véritable recul.
Nous appelons tous nos concitoyens à se mobiliser pour la
modernisation rapide et ambitieuse de la ligne
POLT ce qui permettrait de renforcer l'attractivité de nos territoires et le
droit à la mobilité de leurs habitants. Voilà ce qui guidera notre
participation à des actions ou à leur organisation.
LA
MODERNISATION DE LA LIGNE POLT EST AUJOURD'HUI LA SEULE SOLUTION CREDIBLE
POUR UNE DESSERTE EFFICACE ET CONFORTABLE DES TERRITOIRES DE 4
DES 13 GRANDES REGIONS FRANCAISES.
ENSEMBLE
NOUS LE REAFFIRMONS : POLT EST UNE LIGNE D'AVENIR !
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